Il y a des mecs qui louent un studio, installent un fond noir, ajustent l’éclairage — et il y a Yandrak. Lui, il sort de chez lui, marche dans les bambouseraies et les sentiers secs de l’Aragon, pose son appareil photo sur un trépied, enlève tous ses vêtements, et se photographie nu au milieu de la nature. Pas de maquillage, pas de retouche, pas de filtre. Juste un mec, un paysage méditerranéen, et la lumière du soleil d’été. Autoportraitiste et modèle basé dans la région d’Aragon en Espagne, Yandrak pratique ce qu’on pourrait appeler l’érotisme brut — et le résultat est aussi simple que magnétique.
Physiquement, c’est le beau mec méditerranéen dans sa version la plus authentique. Cheveux noirs rasés courts sur les côtés, barbe sombre bien fournie, yeux noirs, traits anguleux, mâchoire marquée, un petit piercing à l’oreille et une fine chaîne dorée autour du cou. Son corps est celui d’un mec qui vit, pas d’un mec qui pose : épaules solides, torse naturellement poilu avec une pilosité concentrée sur les pecs qui descend en trail jusqu’au pubis, ventre plat, cuisses épaisses et velues. Pas découpé comme un mannequin fitness, mais compact, charnu, viril — le genre de physique qu’on imagine parfaitement dans un bar de Séville, en t-shirt blanc, coude posé sur le comptoir. Tu vois exactement le type.
Et puis il y a cette manière de se tenir nu dans la nature qui est étrangement sexuelle sans jamais être forcée. Debout dans la clairière, de profil, sexe au repos visible, il regarde au loin entre les roseaux — on dirait un randonneur qui s’est arrêté pour se baigner dans une rivière et qui a oublié de remettre ses fringues. Debout de face, pieds nus dans les herbes sèches, bite pendante sous un pubis naturel, le ciel bleu d’été en arrière-plan avec les nuages blancs qui s’étirent — c’est l’image la plus ouverte de la série, celle où il semble occuper le paysage entier. Il y a un truc dans cette photo qui donne envie de respirer plus fort.
Accroupi sur un tronc d’arbre couché dans les bambous, nu, les bras autour des genoux, il te regarde avec ce calme de mec qui est exactement là où il veut être. C’est peut-être l’image la plus intime — pas parce qu’elle est explicite, mais parce que la pose est vulnérable, animale, presque enfantine dans sa simplicité. Et puis de dos, marchant dans les hautes herbes dorées le long des bambous, son beau cul rond et musclé exposé au soleil — c’est le fantasme du mec que tu croises sur un sentier de rando et qui disparaît dans les buissons avant que tu aies pu le rattraper.
On ne parle pas assez des mecs qui se photographient eux-mêmes nus. C’est un exercice particulier : il faut gérer la technique, le cadrage, le timer — et en même temps lâcher prise devant l’objectif. Yandrak, qui travaille dans le domaine de la santé mentale dans la vie, a commencé par l’autoportrait pour explorer son propre rapport au corps masculin. Aujourd’hui, il photographie aussi d’autres hommes, toujours avec cette même approche : modèles non professionnels, lumière naturelle, pas d’artifice. Son travail a été publié dans des galeries d’art queer en ligne et il partage le tout depuis l’Aragon, cette région d’Espagne qu’on ne voit jamais dans les magazines mais qui, sous son objectif, devient le plus beau studio naturiste du monde.
Modèle et photographe : Yandrak — Twitter












